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mardi 25 mars 2014

Ma cabane au Canada

(Saviez-vous que j'ai parfois honte de mes titres ?)

Bonjour à tous !

Aujourd'hui je vous emmène pour une ballade impromptue. Je dis impromptue parce qu'elle a été décidée du jour au lendemain. L'explication du pourquoi de ce départ soudain va d'ailleurs être l'occasion pour moi de vous éclairer un peu plus sur l'objet de mon stage à Rouyn-Noranda.

Le but de mes recherches est de détecter d'éventuelles adaptations du cèdre blanc (également appelé thuya occidental, Thuja occidentalis pour son nom scientifique) aux feux de forêt en étudiant son information génétique. Mais au-delà de ça, le but serait d'observer une évolution de cette adaptation, qui serait plus ou moins forte en fonction de l'importance des feux. J'ai donc pour cela besoin d'étudier des échantillons anciens datant de différentes époques, récupérés dans des carottes préalablement prélevées.


Thuja occidentalis

J'ai à ma disposition deux carottes : une première déjà triée et une seconde encore intacte mais qui n'était pas à l'université. J'ai donc commencé avec la première. Il faut s'avoir qu'après quelques milliers d'années passées sous la terre, il ne faut pas espérer récupérer une brindille intacte (qu'on serait bien en peine de différencier des autres espèces d'ailleurs), ni même une aiguille (même si les feuilles du cèdre ne sont pas à proprement parler des aiguilles, mais passons). Non, tout ce qu'on récupère, c'est une minuscule écaille de moins d'un millimètre d'épaisseur ! Autant dire que c'est un travail de fourmis, qui ne se fait qu'à la loupe binoculaire et qui prend beaucoup de temps car quand on n'a pas beaucoup d'expérience comme moi, tout se ressemble (j'essaierai de prendre une photo un de ces jours) !


Une loupe binoculaire

Toujours est-il qu'après une première séance de recherche de thuja (puisqu'il ne me faut QUE ça et rien d'autre qui pourrait contaminer mes échantillons), je me suis rendu compte que la quantité d'échantillons présents allait être insuffisante. Et c'est pour ça que, accompagné de la personne qui m'accordait généreusement une part de son temps pour apprendre à reconnaître les morceaux de thuja parmi les restes et d'une autre qui a fait office de chauffeur, nous sommes allés chercher la deuxième carotte dans l'espoir d'y trouver plus d'échantillons, à la Station de Recherche du Lac Duparquet.

La station Duparquet, c'est l'équivalent de la Station Alpine Joseph Fourier pour les étudiants de l'UJF. Une station de recherche construite tout près du terrain pour pouvoir y mener facilement des expériences. Plusieurs laboratoires, des ressources informatiques, du matériel spécialisé et même une forêt d'étude entièrement consacrée à la recherche en foresterie. Bref, un outil sacrément utile pour les scientifiques de la région. C'est d'ailleurs non loin de la station qu'avait été prélevée la carotte que je venais chercher.




Et donc, tout ce chemin juste pour ramener une carotte... Un aller-retour juste pour ça ? Que nenni, inconscient ! Car comme pour son équivalent végétal, avant de faire quelque chose de cette carotte, il fallait la découper. Il faut savoir que l'accumulation de terre dans la carotte représente le passage du temps, et que plus on va chercher profondément dans celle-ci, plus on remonte dans le passé. En résumé, en piochant ici et là à différente profondeur, on peut observer une évolution d'une caractéristique dans le temps... comme par exemple l'information génétique.

C'est ainsi que je me suis employé à découper une carotte de 86 cm de long en tranche de 5 millimètres, ce qui à l'arrivée représente... 172 échantillons à mettre dans des petits sacs. Autant dire qu'avec l'attention et la précision requise, j'y ai passé la journée.



Quand je vous parlais de matériel de pointe...

Au début, quand j'étais encore motivé.


172 !!



Même si je n'ai exploité qu'une petite partie des ressources de la station, j'ai pu la visiter un peu. Mais une bonne partie du bâtiment, c'est ça :




Des cartons partout, aux noms étranges et au contenu improbable.




 Pour les amateurs de dendrochronologie

Et avant de reprendre la voiture, on passe devant une étagère qui nous rappelle les gloires passées de la station.




Au moment où j'écris ce post, je suis en train d'attendre les résultats de l'analyse réalisée sur les restes trouvés dans la nouvelle carotte, qui s'est avérée bien plus généreuse que la précédente. Je vous remercie donc pour partager avec moi ce moment de stress...

A bientôt !

mardi 4 février 2014

Le beau labo (humour)

(je suis très fier de moi)

Je m'étais promis de faire un article par semaine. Encore un petit effort et j'y arriverai.

Je ne sais pas si j'en ai déjà parlé (moi-même je ne lis pas mon propre blog), mais je si je me suis aventuré aussi loin, c'est avant tout pour y faire un stage. Un stage en laboratoire d'écologie plus précisément, qui dois durer au moins 6 mois (sois de début janvier à fin juin) et au bout duquel je devrai rendre un rapport. Et plutôt que de vous embêter avec de considérations scientifiques inutiles tant qu'il n'y a pas de résultat croustillant à se mettre sous la dent, venez plutôt découvrir à quoi ressemble mon lieu de travail.

Petite vue depuis mon bureau, alors que tout le monde est concentré

Le labo où je passe le plus clair de mon temps. Notez que
le micro-onde au centre est là dans un but scientifique ;)

La caméra à UV qui sert à observer les résultats

Les "cycleurs" qui servent à entretenir les réactions 

La paillasse que j'utilise le plus souvent

 Le genre de vue qu'on a 80% du temps

Au travail, I yam what I yam

Le truc bien au  laboratoire, c'est qu'on s'organise un peu comme on veut, l'important est que le travail soit fait au bout du compte. Donc quand on repart un peu tard le soir, on peut, par exemple, tomber sur la cérémonie d'anniversaire des 30 ans de l'UQAT.



Mais bon, ne nous voilons pas la face, la plupart du temps, c'est plutôt ça :




Et comme je ne vais pas tous vous dévoiler d'un coup, je peux me permettre de créer un peu de suspens en vous annonçant dès maintenant que le prochain billet sera consacré pêle-mêle au hockey et aux raquettes en forêt. A la prochaine !

lundi 20 janvier 2014

La nuit des blogs vivants

Bonjour tout le monde !

Je ne pensais pas devoir réactiver ce blog si tôt. Le fait est que je suis reparti pour de nouvelles aventures au Canada et que je me devais de vous en parler. Après avoir visité une infime partie de l'Ouest canadien (Dieu que ce pays est grand), me voilà cette fois-ci à l'Est, dans la petite ville de Rouyn-Noranda, où je m'apprête à effectuer un stage en laboratoire de 6 mois à l'Institut de recherche sur le forêts dans le cadre de ma deuxième année de Master.


Pour cette nouvelle saison du Souffle du Chinook (ce titre n'a plus vraiment de sens, mais je le garde parce que je l'aime bien), j'essaierai de vous proposer plus de photos à intervalle plus régulier, avec sans doute une diminution de la quantité de texte. J'essaierai de vous faire vivre au mieux cette nouvelle expérience canadienne, dans un endroit radicalement différent de Calgary mais qui laisse présager un tas de nouvelles belles découvertes.

Au moment où je poste ce billet, je suis arrivé à Rouyn depuis un peu moins de deux semaines, je commence un petit peu à connaître cette petite ville, construite autour du lac Noranda (le Québec, à l'instar de la méduse, c'est 99% d'eau). Première différence avec Calgary... La neige ! De la neige partout, tout le temps, et des tonnes et des tonnes de neige !







 (pardonnez la faible résolution des images, quelqu'un avait sournoisement
changé les réglages de mon appareil photo sans que je ne m'en aperçoive).



La ville de Rouyn-Noranda (qu'on appelle généralement juste Rouyn) a été construite autour d'une mine de cuivre.

Avouez que vous êtes jaloux

Mais ce qui m'a fait venir ici, c'est l'opportunité de faire un stage, que je réalise à l'UQAT, pour Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue (à vos souhaits), d'une taille plutôt impressionnante pour une ville de seulement 30,000 habitants.




J'habite juste à côté de l'université, dans des chambres universitaires qui renvoient les résidences du CROUS au rang de cage à lapin, et qui ont l'avantage d'être situé à une cinquantaine de mètres de mon lieu de travail.



Rouyn, c'est quand même une ville un peu particulière, je vous en reparlerai lors du prochain billet. En attendant, voici un petit avant-goût.


Terminons ce billet sur cette note absurde, dites-vous que Le Souffle du Chinook et de retour, et portez vous bien d'ici le prochain billet.